| 'utilisation
abusive du téléphone officiel pour des besoins personnels
démeure une gangrène dans notre société.
Cette pratique devient un véritable sabotage économique, lorsque
le téléphone, installé et payé par les deniers publics, fait
l'objet d'un commerce privé.
Parfois, c'est en l'absence de l'abonné,
parfois c'est avec sa complicité active que son domicile et
son bureau, dotés de lignes nationales ou internationales,
sont transformés en cabines téléphoniques publiques.
Pour mettre fin à ces graves abus
du bien public, le Président de la République a instruit la
Commission Nationale de Lutte contre la Corruption et le Sabotage
Economique de mener une enquête sur l'utilisation du téléphone
dans tous les services administratifs.
A la suite d'un contrôle minutieux,
la Commission a constaté plusieurs cas de détournements du
téléphone officiel.
Des cadres et des employés admis à
la retraite sont toujours pris en charge par l'Etat pour leurs
notes de téléphone. D'autres, affectés ailleurs, bénéficiant
d'une mise en disponibilité ou tout simplement décédés, ne
sont pas rayés de la liste des abonnés du téléphone officiel.
Des lignes téléphoniques dotées de réseau international sont
laissées sans surveillance à la libre disposition de n'importe
qui.
Avec la complicité des agents des ministères,
des personnes étrangères au service ont ainsi pris la vilaine
habitude de venir téléphoner sur les lignes internationales
des responsables et même des ministres moyennant de modiques
pourboires.
Ces comportements anti-nationalistes,
du fait qu'ils entraînent d'énormes préjudices à l'Etat, doivent
cesser immédiatement. Un seul chiffre suffit pour montrer
l'ampleur des dégâts financiers causés par ce gaspillage inadmissible
: 14 474 767 260 de francs CFA, tel est le montant des factures
de téléphone dues par l'Etat pour la période de 1994 à fin
décembre 2000.
..... |