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la suite d’un rapport d’investigations de
la Commission Nationale de Lutte contre la Corruption et le
Sabotage économique mettant en évidence de nombreuses
irrégularités lors des opérations de
liquidation de l’OPAT, M. Charles
BIRREGAH, l’ex- liquidateur a été
arrêté le 4 février dernier par la Gendarmerie
Nationale.
Comme chacun le sait, l’office
des Produits Agricoles du Togo (OPAT) était l’un
des poumons de l’économie togolaise.
Cette société a fait
la fierté des Togolais et plus particulièrement
des paysans car elle a toujours dégagé des excédents
qui ont permis la réalisation de nombreuses infrastructures
surtout en milieu rural.
Au moment
de la dissolution de cette société suite à
une recommandation des Institutions de Bretton Wood, M. Charles
BIRREGAH Expert Comptable, Directeur du Cabinet « A
E C » a été nommé liquidateur
avec pour mission essentielle de mettre fin aux opérations
en cours en vue de recouvrer les créances de l’Office
et de régler le passif.
Malheureusement, lorsque la Commission
anti-corruption a été saisie des nombreuses
irrégularités commises au cours de cette liquidation
et qu’elle a tenté de faire la lumière
sur les allégations de malversations financières,
elle s’est vite rendue compte que la décision
de liquider l’OPAT a engendré plus de problèmes
qu’elle n’en a résolus et le personnel
en souffre amèrement jusqu’à ce jour.
En effet, à la veille de la
liquidation c’est à dire en décembre 1995,
le bilan de l’OPAT dégageait un résultat
bénéficiaire de 3.133.214.307 francs.
Cependant, lorsque le liquidateur par
l’intermédiaire d’un cabinet ivoirien «
AUDIT 2000 » a audité la société,
le bilan se présentait au 31 décembre 1996,
avec un résultat déficitaire de 4. 332.962.198
francs.
Voilà l’une des anomalies
qui ont obligé la Commission à pousser plus
loin ses recherches qui n’ont pas été
du tout aisées.
Il est vrai que devant la Commission
anti-corruption, le liquidateur M. BIRREGAH a toujours déclaré
ne disposer d’aucune copie des documents de liquidation.
Curieusement, tant au ministère du Commerce qu’aux
Archives de l’ex-OPAT où il a, à chaque
fois, renvoyé la Commission anti-corruption, tous les
dossiers et les documents sont bien archivés à
l’exception de ceux relatifs à la liquidation.
Le rapport financier à la prise de fonction du liquidateur,
la copie des inventaires, les livres journaux et le grand
livre etc … ont disparu.
En somme, il y a visiblement dissimulation
des pièces à conviction et M. BIRREGAH doit
en répondre d’autant que paradoxalement l’expert-comptable
qui seul disposait des clés des Archives jusqu’à
la clôture de la liquidation, prétend ne posséder
aucune copie des documents de liquidation lui permettant de
se justifier.
Heureusement, grâce aux témoignages
d’honnêtes gens qui ont travaillé avec
lui, il a fini par reconnaître et rembourser la somme
de 20 millions de francs, prix d’une villa vendue après
la clôture de la liquidation en juin 2001 et qu’il
a empochée avant de se réfugier en France.
Par ailleurs, au lieu de vendre aux
enchères publiques, selon les règles de l’art,
les biens immobiliers de l’ex-OPAT, il les a bradés
à ses amis et à des sociétés qu’il
a créées lui-même.
En conséquence, le liquidateur
doit fournir à la Commission anti-corruption des explications
avec documents à l’appui sur les opérations
suivantes :
1°/ Fausses écritures comptables
évaluées à: 10.642.417.858 francs ;
2°/ Montants récupérés à l’étranger
sans trace : 37.667.737 francs ;
3°/ Montants récupérés à Londres
gardés à Paris : 168.000.000 francs ;
4°/ Règlement factures fictives : 38.000.000 francs
:
5°/ Transfert sur Paris sans justificatif : 50.000.000
francs
6°/ Virements non justifiés : 100.000.000 francs
;
7°/ Règlement facture d’achat en France :
10.870.000 francs ;
8° / Titres à justifier : 894.484.000 francs.
Il est temps qu’enfin la vérité et la
transparence triomphent dans cette affaire ténébreuse
de la liquidation de l’ex-OPAT
[ La
suite de cette affaire ]
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