MISSION D’INSPECTION
DES IMMEUBLES APPARTENANT A L’ETAT A L’ETRANGER
u
15 août au 22 septembre 2002, une mission de contrôle
comprenant M. Assiongbor FOLIVI, Président de la Commission
Nationale de Lutte contre la Corruption et le Sabotage économique
(CNLSCE), M. Ado TCHACOROM membre de la CNLCSE et M. Akouété
MENSAH, Inspecteur Général des Missions diplomatiques
au ministère des Affaires Etrangères et de la
Coopération, a visité les propriétés
de l’Etat à l’Etranger. Ce contrôle
fait suite à une mission préliminaire de la CNLCSE
à Paris.
Celle-ci a permis de mettre
à jour l’abandon de nombreux bâtiments de
l’Etat dans la capitale française. En outre, il
est apparu que les loyers générés par certains
des immeubles sont utilisés par les Ambassades sans demander
préalablement l’autorisation de leur ministère.
En 37 jours, la mission a visité
11 villes, parcouru 50.000 kilomètres dont 50 heures
de vol, 7 heures en train et 9 heures en voiture. Au total,
elle a visité 40 immeubles, appartements et villas.
La mission consiste à faire le
point des immeubles et des loyers.
Au-delà de l’inspection
des immeubles la mission a inévitablement écouté
les doléances des Chefs de mission qui s’articulent
essentiellement sur la question de la dette accumulée
par les Ambassades dont le montant global s’élève
à plus de cinq milliards de francs CFA.
Cependant, certaines pratiques laissent apparaître qu’une
partie de cette dette est la conséquence d’une
mauvaise gestion. En effet, la Mission a observé par
exemple que les appartements de certains agents rappelés
à la centrale ou appelés à d’autres
fonctions, sont restés inoccupés alors que les
loyers continuent d’être payés.
Au total, la mission de contrôle
a consisté à :
- Inspecter les propriétés
et les appartements pour en contrôler l’état
;
- Examiner la situation administrative de ces biens immobiliers
;
- Faire le point avec les Agences immobilières ;
- Faire transférer les loyers au Togo;
- Faire des propositions pour une meilleure gestion des propriétés.
SITUATION DES IMMEUBLES
La Mission a été
confrontée à deux cas de gestion des biens immobiliers:
- Propriétés gérées par les Agences
Immobilières
- Propriétés confiées aux Ambassades
Agences immobilières :
Les
propriétés de Londres, de Dakar et de Hararé
sont gérées par des Agences. Brasilia est un cas
particulier puisque la gestion est confiée à notre
Consul Honoraire qui fait en quelque sorte office d’Agence
immobilière. La Mission a constaté avec satisfaction
que les Agences choisies pour gérer nos propriétés
font montre d’un certain professionnalisme qui leur permet
de garder les bâtiments en bon état. Que ce soit
M. COHEN à Londres, l’Agence MUNIER à Dakar
ou Estate du Zimbabwe, les Agences, moyennant des commissions
d’environ 10 %, ont su maintenir nos propriétés
en bon état en réalisant périodiquement
des travaux de rénovation ou de réparations. Grâce
à leur vigilance, les loyers sont payés régulièrement.
La Mission a fait rapatrier tous les loyers.
En revanche, nos interlocuteurs se sont
plaints de n’avoir pas de réactions à leurs
courriers. Ils ont proposé que soit désigné
un seul correspondant permanent. Cette requête soulève
la problématique de la coordination de la gestion des
propriétés à Lomé. Aussi est –il
urgent de déterminer quel ministère ( Affaires
étrangères, Finances ou Equipement) doit s’occuper
d’eux. N’ y a t-il pas lieu de créer un office
chargé de la gestion des immeubles et en attendant un
Comité interministériel provisoire ayant tout
pouvoir pour suivre la gestion.
Les Ambassades :
A Paris, à Bruxelles et à
Bonn, les propriétés non occupées sont
gérées par les Ambassades. Mais, s’agissant
des immeubles appartenant à l’Etat ou ceux loués
au profit du personnel, l’on a observé une mauvaise
gestion matérielle et financière patente dans
les Ambassades. Le Personnel ne respecte pas les biens. On constate
une propension, au gaspillage et des actes de corruption justifiant
la dette énorme plus de 5 milliards de francs CFA. Il
convient de contrôler en toute urgence la nature de cette
dette en recherchant les cas de surfacturations, de factures
fictives.
La situation des immeubles se présente
comme suit :
A) PARIS
A Paris, l’Etat possède
7 Immeubles. En dehors de la Chancellerie et de la Résidence
de l’Ambassadeur, 5 autres immeubles sont à l’abandon.
1°/ Appartement de la Rue
Berger :
Cet Appartement a servi de Chancellerie au Représentant
togolais auprès de l’UNESCO avant d’être
occupé par quatre chauffeurs avec leurs familles. Il
a été laissé à l’abandon depuis
plusieurs années. En raison de son état de dégradation
prononcée, il est devenu une cause de nuisance pour les
voisins qui se sont plaints à l’Ambassade à
plusieurs reprises.
En l’an 2000, un promoteur immobilier
avait proposé:
- soit de l’acheter à 500 millions de francs CFA
- soit de le rénover pour l’Etat qui pourra le
louer à 30 millions de francs CFA par mois.
Par l’entremise de l’Ambassade,
la mission de contrôle a pris contact avec un entrepreneur
pour la rénovation de cet immeuble.
2°/ Immeuble de la rue Jouffroy
C’est un appartement vide qui avait appartenu à
l’ex OPAT et qui a été rétrocédé
à l’Etat. Il avait servi de bureaux aux attachés
de presse. 3°/Appartement de Neuilly
Ce bel appartement dans l’un des quartiers les plus huppés
de Paris, était la propriété de l’OPAT
qui après la liquidation, l’a reversé à
l’Etat. Depuis 9 ans, il a été loué
par un médecin Juif, M. BENAZAR qui s’étonne
de n’avoir jamais vu un représentant du gouvernement
togolais depuis cette date.
Le loyer est d’environ 1.500.000 francs CFA qui est reversé
sur le compte de l’ex OPAT dont le Ministère du
commerce en tant que Président du Conseil de Surveillance
de l’Ex-OPAT détient la signature. Tous les loyers
sont désormais reversés sur le compte unique immobilier
ouvert à Lomé.
3°/Immeuble de la CEET
Situé sur le Boulevard Malesherbes, il appartient à
l’ancienne société « CEET ».
Le nouveau repreneur de cette société «
TOGO ELECTRITE », n’en voulant pas, il a été
reversé à l’Etat.
4°/Immeuble de l’OTP
Il s’agit des bureaux de l’OTP qui sont reversés
à l’Etat.
B) BRUXELLES
A Bruxelles, le Togo possède 4
immeubles : la Chancellerie, la Résidence de l’Ambassadeur
et deux autres Résidences qui font problème.
1°/ Première Résidence
:
Attenante à la chancellerie sur l’avenue Telvuren,
cette Résidence a été louée, il
y a plus d’une décennie à l’Ambassade
de Grèce. A son départ, comme d’habitude,
le bâtiment a été abandonné et au
fil des années, tout s’y est dégradé
à tel point que des champignons et des herbes y ont poussé
dans tous les coins. Les Ambassadeurs qui étaient en
poste n’ont pas daigné prendre soin des immeubles
pour les laisser dans un état impeccable. Cette négligence
qui frise un sabotage économique, nous coûte aujourd’hui
très cher.
En 1996, une délégation
interministérielle composée du Directeur du Service
du Matériel, du Directeur des Bâtiments au ministère
de l’Equipement et d’un cadre du ministère
des Affaires Etrangères ont conclu avec un entrepreneur
libanais, M. CHALOUHI, directeur de la société
« SUCOTRADE », un contrat scélérat.
Celui-ci a consisté à la rénovation de
l’immeuble pour 182 millions de francs CFA, cette somme
étant avancée par CHALOUHI conformément
à un contrat emphytéotique de 12 ans.
A la signature du contrat le 10 août
1997, la délégation interministérielle
a heureusement eu l’idée d’introduire une
clause permettant à l’Etat togolais de reprendre
l’immeuble à tout moment.
D’après M. CHALOUHI, le
Togo doit payer 350 millions de francs CFA pour reprendre la
jouissance de cet immeuble.
2°/Deuxième Résidence
:
Il s’agit d’une Résidence située juste
à côté de celle de l’Ambassadeur et
comportant un immense jardin. Il est soumis à un contrat
similaire conclu avec M. CHALOUHI.
C)BONN
A Bonn, l’Etat possède un
immeuble servant de Chancellerie en bon état général,
une Résidence luxueuse laissée à l’abandon
depuis le départ d’un Ambassadeur et enfin un terrain
nu prévu initialement pour la construction d’une
Résidence. Le gouvernement cherche à vendre les
immeubles de Bonn pour en acheter d’autres à Berlin
où la capitale allemande est désormais transférée.
1°/ TERRAIN NU
Ce terrain comprend :
-une forêt protégée d’une superficie
de 7043 mètres carrés ;
-un parking d’une superficie de 2014 mètres carrés
;
-une parcelle destinée aux constructions d’une
superficie de 2205 mètres carrés.
2°/ LA CHANCELLERIE
Pour la Chancellerie, deux promoteurs
immobiliers proposent les montants suivants :
1er promoteur ( LL-INGENIEURE ARCHITECT
:
582.800 euros soit 382.291.739 francs CFA
2ème promoteur ( CONTI IMMOBILEN):
431.000 euros soit 282.717.460 francs CFA
C) LA RESIDENCE
La Résidence comprend une dépendance,
un bâtiment à étages et une piscine couverte.
Sa superficie est de 1.709 mètres carrés. Cette
belle résidence lovée dans une verdure abondante
au flanc de la montagne appelée la demeure du Roi et
située à quelques pas du RHIN dans une région
où résident exclusivement les grands bourgeois
allemands, a été abandonnée le jour du
départ de l’Ambassadeur. Des ordures ont été
entreposées dans la piscine devenue un dépotoir.
Ni le Chargé d’Affaires qui a suivi ni le nouvel
Ambassadeur n’ont pas fait rénover l’immeuble
pour y habiter eux-mêmes. Ils ont préféré
se loger en ville à 1.000.060 de francs CFA par mois.
Conséquence : le dernier Ambassadeur a laissé
des impayés de loyers de 25.000 euros soit 16.398.925
francs CFA.
En raison du mauvais état de la
Résidence, les propositions des promoteurs sont basées
sur le fait qu’il faut la casser et reconstruire une maison
sur le terrain nu:
1er promoteur ( LL-INGENIEURE ARCHITECT
:
319.001.875 euros soit 209.824.245 francs CFA
2ème promoteur ( CONTI IMMOBILEN):
438.000 euros soit 287.309.166 francs CFA
Au total, le premier promoteur offre
pour la Chancellerie et la Résidence :
902.675 euros soit 592. 115. 984 francs
CFA.
Le deuxième promoteur offre pour
la Chancellerie et la Résidence :
869.000 euros soit 570. 026.663 francs.
Pour le terrain nu, il propose donc 952.
660 euros soit 624.903.995 francs CFA soit pour l’ensemble
des trois immeubles : 1.855.335 euros soit 1.217.019. 980 francs
CFA.
D) LONDRES
1°/Résidence à
Londres
Après la fermeture de notre ambassade à Londres
dans les années 80, la résidence a été
louée par l’intermédiaire d’une agence
immobilière. Depuis 1995, les loyers, soit 106 millions
de francs CFA, ont été versés à
l’Ambassade à Paris dont les chefs de mission successifs
les ont dépensés.
A) RESIDENCE
A Londres, l’Etat togolais possède une belle Résidence
dans l’un des beaux quartiers. Il s’agit d’une
résidence détachable c’est à dire
séparée des autres habitations et qui possède
un garage de l’autre côté de la Rue qui est
également loué, ce qui donne plus de valeur à
la maison. Il y a aussi un grand jardin bien entretenu. Cette
acquisition a été faite dans les années
80 et c’est l’Ambassadeur AGBENOU qui y résidait.
A son départ, le Chargé d’Affaires M. AKANGA
a bien fait d’y habiter malgré le refus de ses
Chefs, ce qui a permis de la maintenir en bon état. Pour
ce faire, il avait reçu un crédit spécial
de 120 millions de francs CFA pour rénover totalement
le bâtiment. Quelques mois après, notre Ambassade
à Londres a été fermée et la Résidence
a été louée.
B) CONTRAT
Le contrat de location a été établi par
le Cabinet d’avocat BERLIOZ qui représentait le
Gouvernement togolais de 1991 à 1995. En 1995, après
la fermeture de ce cabinet à Londres, l’une des
avocates, Mme COHEN a proposé que son mari qui est dans
l’immobilier, gère la maison. Depuis 1995, aucune
mission n’est venue contrôler la gestion de la Résidence.
Les responsables de l’Ambassade à Paris qui reçoivent
les loyers, non plus n’ont fait de contrôle.
C) LOYERS
En 1991, le premier loyer mensuel était de 3 millions
de francs CFA. Avec cette moyenne, de 1991 à 1995, les
loyers s’élevaient à plus de 180 millions
de francs CFA. Où est passé cet argent ?
De 1995 à 2001, M. COHEN a versé
164 millions de francs CFA à l’Ambassade qui s’en
est servie sans rendre compte à Lomé.
A l’heure actuelle, le loyer mensuel est de 3.739.200
francs CFA. Nous avons demandé par écrit à
M COHEN de virer dorénavant tous les loyers sur le compte
de Lomé.
E) BRESIL
Dans la capitale brésilienne, Brasilia, notre pays possède
:
- une résidence
- un immeuble ayant abrité la chancellerie
- un terrain nu
1°/ La Résidence
:
La Résidence a été acquise en 1979. C’est
une vaste propriété avec piscine d’une superficie
de 9.036 mètres carrés. Après la fermeture
de l’Ambassade et le départ du dernier Chargé
d’Affaires, la gestion de la Résidence a été
confiée à notre Consul Honoraire à Rio
de Janeiro, M. SANTOS qui a été chargé
de la louer. Une condition lui a été imposée
: la louer à une Ambassade. En raison de cette directive
précise qui limite le choix d’éventuels
locataires, le Consul n’a pas encore trouvé de
preneur.
2°/ La Chancellerie
La chancellerie a été achetée en 1977.
Située dans l’un des quartiers résidentiels
de Brasilia juste en face du domicile du Commandant des pompiers,
elle est inhabitée. Elle comporte une piscine.
3°/Terrain
C’est en 1991 que ce terrain de 2500 mètres carrés,
a été offert par le gouvernement brésilien
à notre pays pour y édifier une Chancellerie.
La parcelle ne peut être vendue donnée, échangée
ou servir à la construction d’immeubles commerciaux.
4°/Charges
Le Consul Honoraire du Togo continue à payer des charges
et des taxes incompressibles sans compter les dépenses
d’eau, d’électricité nécessitées
par le maintien en bon état des bâtiments. Notre
pays a pris en charge ces frais jusqu’à fin 2002.
5°/Perspectives
En conclusion, les trois biens immobiliers appartenant au Togo
à Brasilia sont restés intacts et globalement
en bon état. Malheureusement, ils sont improductifs et
nous perdons de l’argent en charges sociales et fiscales.
Aussi est-il nécessaire et urgent de les mettre en valeur.
F) WASHINGTON
Dans la capitale américaine, notre
pays possède :
- Un immeuble abritant la chancellerie ;
- Une résidence pour l’Ambassadeur ;
- Une villa.
1°/ La Chancellerie :
Le bâtiment abritant la Chancellerie est située
dans le quartier des ambassadeurs sur le Massachusetts Avenue.
C’est un grand immeuble contenant une dizaine de bureaux
avec un sous-sol pouvant servir d’appartement de six pièces.
Dans l’ensemble, le bâtiment est en bon état.
Cependant certains bureaux, une partie du plafond et le sous-sol
sont en chantier suite à des travaux de rénovation
commencés, il y a trois ans, mais qui n’ont pas
été achevés.
2°/ La Résidence
La chancellerie a été également achetée
en 1962. Elle est située sur la rue de Crittenden Street
dans l’un des quartiers résidentiels particulièrement
côtés de Washington. L’Ambassadeur y réside
avec sa famille. Plusieurs travaux y ont été effectués
mais visiblement ils n’ont pas été complets
malgré les fonds débloqués à cet
effet car la toiture coule et l’eau s’est infiltrée
dans toute l’armature du bâtiment nécessitant
des travaux urgents pour empêcher le sous-sol, en cas
de fortes pluies, d’être inondé.
3°/La Villa
Cette villa de 4 chambres acquise en 1989 sert pour le logement
de l’Attaché financier. On doit y effectuer également
des travaux de rénovation pour son maintien en bon état.
A NEW-YORK
L’Etat togolais possède
ici:
- une chancellerie ;
- une résidence pour l’Ambassadeur
- une résidence secondaire pour le premier Conseiller
1°/ LA CHANCELLERIE
Achetée en octobre 1974, la Chancellerie togolaise est
située sur la 40 ème rue, donc dans le quartier
attenant à celui du siège des Nations Unies. Elle
comporte trois étages, ce qui ne correspond pas à
cet environnement dominé par des gratte-ciels. C’est
pour exploiter l’espace au-dessus du bâtiment que
nous avons eu l’idée de chercher des promoteurs
immobiliers qui pourraient financer la construction d’un
gratte-ciel à la place de l’édifice actuel.
Le projet consiste à laisser l’espace
au dessus de notre bâtiment au promoteur immobilier. Celui-ci
construira à la place de notre immeuble actuel, un gratte-ciel
comprenant des bureaux et des appartements dont une partie sera
la propriété de notre pays qui s’en servira
comme chancellerie, résidences pour les diplomates et
appartements à louer pour notre compte. Le reste du building
appartiendra au promoteur. A la fin du bail, tout le building
reviendra à notre pays.
2°/ LA RESIDENCE
Acquise en en 1971, la Résidence de l’Ambassadeur
située dans le quartier des riches bourgeois juifs à
NEW ROCHELLE, n’a pas de problèmes particuliers
puisqu’elle a bénéficié récemment
de travaux de rénovation.
3°/ LA RESIDENCE SECONDAIRE
Cette villa située dans la ville de QUEENS, appartient
définitivement à l’Etat togolais depuis
1995, à la fin des échéances bancaires.
Elle sert de logement pour le premier Conseiller. La cour est
assez grande pour contenir une autre villa. C’est pourquoi,
la construction d’une autre villa a été
également envisagée par le promoteur immobilier
qui s’intéresse à la Chancellerie.
G) DAKAR
Ouverte en 1990, l’Ambassade du
Togo au Sénégal a été fermée
le 30 août 1995, nécessitant la mise en exploitation
de deux immeubles appartenant à l’Etat togolais
à Dakar:
- une Chancellerie
- une Résidence
1°/ LA CHANCELLERIE
Achetée en 1990 à 100 millions de francs, la Chancellerie
est évaluée aujourd’hui à plus de
150 millions de francs CFA.
2°/ LA RESIDENCE
Située dans l’un des plus beaux quartiers résidentiels
de Dakar, la Résidence a été acquise en
1990 à 140 millions de francs CFA. Elle a été
évaluée en 1995 à 300 millions de francs
CFA.
3°/GERANCE
En 1995, la gérance des deux immeubles a été
confiée à l’Agence Immobilière MUGNIER
dirigée par une Française. Elle est chargée
de louer les immeubles et de virer les loyers sur un compte
ouvert par l’Ambassade à la Banque Internationale
Pour le Commerce et l’Industrie du Sénégal
(BICIS). La Chancellerie a été louée et
la Résidence également à un expatrié
en service dans une grande société de la place,
c’est dire que ces deux immeubles sont d’un grand
standing.
4°/ CONTROLE NOTARIAL
Pour assurer le contrôle de la gestion des immeubles par
l’Agence MUGNIER, le Togo a demandé à cette
dernière de faire un rapport régulier au notaire
Maître Papa Ismaël KA désigné par l’Etat
pour le suivi de la gestion.
5°/ COMPTE BANCAIRE
A la BICIS, le compte bancaire du Togo est crédité
de 62.700.000 francs représentant les loyers versés
par l’Agence MUGNIER.
Au niveau de l’Agence elle-même,
dix millions de francs CFA restent à être versés
à la Banque, ce qui fait au total : 72 millions de francs
CFA. Nous avons demandé à la Banque et à
l’Agence de transférer ce montant sur le compte
immobilier à Lomé. Comme nous l’avons fait
à Londres, nous avons également demandé
à l’Agence de virer désormais tous les loyers
directement à Lomé.
H) HARARE
1°/ CONTEXTE HISTORIQUE
C’est dans les années 80
que l’Ambassade du Togo a été ouverte au
Zimbabwé pour appuyer la naissance de ce nouvel Etat.
Lorsque l’Afrique du Sud, après avoir réglé
le problème de l’Apartheid, est devenu un Etat
membre à part entière de l’OUA, les Ambassades
ont peu à peu quitté le Zimbabwé pour s’installer
à Prétoria. Le Sénégal à
qui était confiée la charge de la représentation
des intérêts du Togo, après la fermeture
de notre Chancellerie, s’est également replié
sur l’Afrique du Sud. A l’heure actuelle, on compte
surtout les Ambassades des pays africains limitrophes comme
le Soudan, la RDC, l’Afrique du Sud, la Zambie, l’Angola
etc.
2°/ LES VILLAS
En fermant son Ambassade à Hararé
en juin 1991, le Togo avait laissé 5 villas luxueuses.
Elles sont toutes situées dans les quartiers résidentiels.
Il s’agit de rez- de-chaussée pour l’essentiel
comportant sur un lot la maison et sur l’autre, un jardin,
une piscine et une dépendance. L’une des résidences
est une maison à étages :
- Villa 6 bath Road achetée en
1980 ;
- Villa 13 bath Road, achetée en 1980 ;
- Villa 138 Swan Drive achetée en 1980 ;
- Villa 1Beit Avenue achetée en 1980 ;
- Villa Harry Pitchjnick Drive achetée en 1980.
Deux résidences sont louées
à une multinationale américaine appelée
« SARDC». Les trois autres sont loués à
des résidents de nationalité zimbabwéenne.
Dans la cinquième villa, le résident, un Zimbabwéen
habite sur une partie tandis que l’autre partie sert comme
morgue, la villa étant située en face de l’Hôpital
de Hararé. L’installation d’une morgue dans
cette villa sans l’autorisation des Autorités togolaises,
a créée un conflit entre ce locataire et l’Agence.
3°/LA GESTION
A la fermeture de notre Ambassade en 1991, la gestion des immeubles
a été confiée à une Agence immobilière
dont le responsable est un Blanc, M. Richard SCHARP qui, comme
dans les autres pays, s’est également plaint de
n’avoir pas des nouvelles, des Autorités togolaises.
Il touche 10% sur les loyers.
4°/COMPTE BANCAIRE
Tous les loyers sont payés à
travers un compte ouvert auprès de la principale banque
zimbabwéenne, la « ZIMBANQ ». Les loyers
sont payés en dollars zimbabwéens. En 1991, le
dollar zimbabwéen rivalisait avec le dollar américain.
Mais l’inflation galopante qui étreint le pays,
le cours s’est considérablement effrité.
En 1994, un dollar américain valait
11 dollars zimbabwéens. En 2002, un dollar américain
vaut 55 dollars zimbabwéens au cours officiel et 650
dollars au marché. Présentement, notre compte
bancaire est crédité de :
Compte Togo : 6.000.000 dollars zimbabwéens
Valeur officielle : 109.000 US Dollars soit 76.300.000 francs
CFA
Valeur au marché noir : 9230 US Dollars soit 6.461.000
francs CFA
5°/PROBLEME DE TRANSFERT
Au moment de procéder à la location de nos immeubles
à Hararé, on aurait du prendre soin dès
le départ de demander que les loyers soient payés
en dollars américains afin qu’ils soient virés
directement sur un compte à Lomé. A l’heure
actuelle, le Zimbabwé souffre de manque de devises. En
conséquence, ce pays acceptera difficilement de convertir
les dollars zimbabwéens que nous détenons en dollars
américains et les transférer à Lomé.
A ZIMBANQ, il nous a été demandé de formuler
une requête par écrit en prouvant l’origine
de nos ressources et la raison de la demande de transfert, c’est
ce que nous avons fait. Cette demande sera transmise à
la Banque Centrale qui appréciera.
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