| es
investigations de la Commission Nationale de Lutte contre
la Corruption et le Sabotage économique à la
Caisse Nationale de Sécurité Sociale
(CNSS), entreprises depuis quelques mois, ont mis
en lumière certaines pratiques irrégulières
avérées qui ont entraîné d’importants
manques à gagner pour cette société.
Les contrôles de la Commission anti-corruption ont
abouti aux résultats suivants :
1°/ La Commission a d’abord noté
des abus dans le paiement des jetons de présence accordés
aux membres du Conseil d’Administration dont certains
ont touché jusqu’à 8 millions
de francs par an grâce à une multiplication
anormale des séances. Quelques membres du Conseil sont
malades ou invalides et n’assistent donc pas aux réunions.
Ils bénéficient néanmoins de jetons de
présence au même titre que les présents.
En deux ans et demi, 112 millions de francs de jetons
de présence ont été débloqués
en faveur des membres du Conseil d’Administration.
2°/ La Commission a éventé
une stratégie consistant à réparer, à
grands frais, les véhicules de la Caisse puis à
les donner en achat à très bas prix aux cadres
de la société ou à des tiers sous le
couvert de prête-noms. La Commission a fait suspendre
en juillet dernier, une opération de vente de trois
véhicules de luxe après révision générale
et installation de nouveaux équipements. Bien qu’un
des véhicules ait été remis totalement
à neuf, sa valeur comptable a été estimée
par les services techniques de la Caisse à 0 franc.
3°/ La Commission a demandé au
Président du Conseil d’Administration de restituer
à la Caisse, un véhicule mis à sa disposition
par la CNSS.
4°/ Pendant que la Caisse cherche à
vendre ces véhicules à certains de ses hauts
cadres, l’on ne comprend pas pourquoi, elle vient d’acquérir
de nouvelles voitures d’occasion au Port pour un montant
de 27.250.000 francs non compris les taxes
de douane.
5°/ Lors de la construction des villas OUA, la Caisse
Nationale de Sécurité Sociale, à l’instar
des autres promoteurs immobiliers, a bénéficié
des dispositions de la loi n° 2000-003 du 11 janvier 2000,
accordant une exonération exceptionnelle de taxes douanières
sur les matériaux de construction, étant entendu
que l’Etat doit récupérer une partie de
la taxe auprès des acquéreurs au moment de la
cession des villas. La Commission anti-corruption, au cours
de ses contrôles, a constaté, que contre toute
attente, 35 acquéreurs des villas OUA, se sont dispensés
du paiement de la TVA. Celle-ci se chiffre à 319.
300. 819 francs pour les 35 villas. La Commission
a demandé au Directeur général de la
Caisse, M. Koffi WALLA de prendre toutes les dispositions
pour que le montant de la TVA soit reversé au Trésor
public dans les plus brefs délais.
6°/ La Commission anti-corruption a
observé une anomalie dans les relations entre la Caisse
et certaines sociétés avec lesquelles elle est
en affaire. En effet, la CNSS a prélevé 29 millions
de francs de TVA sur une facture de la société
«ENGETO » relative à des
travaux de peinture. Une partie de cette somme soit 8.200.000
francs, indûment gardée par la Caisse, a été
récupérée par la Commission au profit
de l’Etat. De nombreux fournisseurs qui se sont fait
payer la TVA, au cours de leurs transactions avec la Caisse,
ne l’ont pas reversée aux impôts, ce qui
constitue une fraude fiscale devant être sanctionnée.
A ce jour, la Commission anti-corruption a recouvré
et reversé à l’Etat, un total de 30 millions
de francs auprès des fournisseurs indélicats
de la Caisse.
7°/ A l’occasion d’un événement
privé, le Directeur général de la Caisse
a réuni le 4 mars 2002, le Bureau du Conseil d’Administration,
comprenant trois membres sur les 17 que compte le Conseil
pour décider la prise en charge par la Caisse, de certaines
dépenses relatives à cet événement.
La Commission a demandé au Directeur général
de restituer au Trésor public le montant de la somme
ainsi décaissée, soit 2.800.000 francs.
8°/ La Commission a également
demandé au Directeur général de la Caisse
de rembourser une facture de 21.937.500 francs, irrégulièrement
payée à un certain Daniel DHIEUX, un expatrié
pour un contrat d’informatisation de la CNSS qui n’a
jamais vu le jour.
9°/ Du 16 septembre au 30 novembre 2002,
le Directeur général de la Caisse a effectué
un séjour privé à Paris en France pour
des soins médicaux. Pour ce faire, le Président
du Conseil d’Administration, par note n° 32/04/CNSS-DG
en date du 13 septembre 2002, lui a délivré
un ordre de mission pour raisons de service à Paris.
Muni de cet ordre de mission, M. WALLA a bénéficié
d’une avance sur frais de mission de 10.500.000 francs
ainsi que de titres de transport achetés par la Caisse
pour un montant de 4.505.900 francs. Dans son déplacement
à Paris, M. WALLA s’est fait accompagner du Docteur
Kokou ALI, médecin-chef au Centre médico-social
de la Caisse, à qui a été également
délivré un ordre de mission avec avance sur
frais de mission de 1.500.000 francs. M. WALLA n’étant
pas parti en France dans le cadre d’une mission officielle,
la Commission anti-corruption lui a demandé de reverser
au Trésor Public, les 16.505.900 francs irrégulièrement
débloqués en sa faveur.
10°/ La Commission a mis à jour
plusieurs autres irrégularités notamment:
- Le détournement de 500 millions de francs par un
agent de la Caisse, M. TOSSOU. Après son arrestation,
l’on s’est contenté de le juger et de le
mettre en prison trois ans avant de le libérer sans
qu’il ait remboursé un seul franc ;
- le licenciement abusif de 150 agents d’entretien pour
les remplacer par des sociétés comme «
PETITS BESOINS », « NET ET CLAIR », «
SOGEICOM » etc …créées par les responsables
de la Caisse eux-mêmes pour se substituer au personnel
compressé. En définitive le coût de revient
des prestations de ces sociétés, est plus élevé
que les rémunérations et autres frais occasionnés
par les agents d’entretien. Ceux-ci ont d’ailleurs
intenté une action en justice pour rentrer dans leurs
droits ;
- des abonnements gratuits à une chaîne de télévision
par satellite pour un montant de 10.108.000 francs au profit
des cadres de la Caisse et de certaines personnes étrangères
au service ;
- des matériels « Ordinateur, chaîne hi-Fi,
de la Caisse emportés par des agents admis à
la retraite.
- etc…
Tous les montants détournés qui ne sont pas
encore récupérés, seront restitués
à l’Etat et les mauvaises pratiques corrigées
afin de permettre à la Caisse Nationale de Sécurité
Sociale de retrouver sa vocation sociale d’antan dans
l’intérêt des allocataires et des travailleurs
togolais.
|